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Cette journée scientifique du 14 avril est venue clôturer une série de conférences qui ont eu lieu au sein de la Haute Ecole de Kinésithérapie et du Centre NOOR de Bouskoura.
Au Sport Plazza, la conférence s’est tenue dans la salle du restaurant SPORT PLAZZA, qui s’est avéré un lieu très agréable et propice à ce type de manifestations. Mr. Kamal Bensouda, gérant des lieux, jouissant d’un sens professionnel louable, n’a omis aucun détail pour donner à cette manifestation un caractère agréable et convivial de par l’efficacité de son personnel et la qualité du service.
Docteur Belfakir ayant choisi pour thème « l’épaule du sportif », a jugé opportun d’associer à cette grande manifestation les sportifs représentés en la personne de Mme Nawal El Moutaouakkil, figure emblématique du sport marocain et arabe.
En effet, la présence effective de cette dernière ; championne olympique (médaille d’or aux JO de Los Angeles 1986), membre actif du Comité International Olympique (CIO) et présidente de l’Association Marocaine Sport et Développement (AMSD) ; a donné à cet événement scientifique un cachet culturel et sportif qui a mis l’accent sur la relation étroite existante entre le sport et la kinésithérapie.
Le contenu, quoiqu’un peu condensé du fait de la multiplicité des intervenants, a été riche et instructif.
Le séminaire a débuté comme prévu à 9h00 par une allocution de Docteur Belfakir qui a tenu à remercier l’assistance, en particulier Mme El Moutaouakkil, le doyen de faculté de médecine, le Professeur Louardi et les différents intervenants : Pr. Largab, Pr. Fadili, Pr. Garch, Pr. Arssi, Pr. El Fatimi, Mr Fkira et les membres de la délégation de HEPHO.
Dr. Belfakir a ensuite donné la parole à Mme El Moutaouakkil. Celle-ci, dotée d’un passé sportif très riche et d’une grande expérience en la matière, a évoqué l’importance de la médecine du sport et en particulier de la kinésithérapie qui constitue un maillon fort dans le processus de prévention et de traitement du sportif de même que son athlétisation et sa réathlétisation. Elle a fait remarquer que ce séminaire est tombé à point nommé pour ouvrir le dialogue quant à l’avenir du sport marocain qui nécessite une remise en question en terme de prise en charge du sportif dans son intégralité.
Mme N. El Moutaouakkil, ayant déjà participé à des manifestations au sein de HEK, a, par ailleurs, dressé un bilan très positif de la Haute Ecole de Kinésithérapie et a promis de mettre sa notoriété au service de la promotion de la kinésithérapie sportive pour que celle-ci, à l’instar des pays occidentaux, puisse trouver sa véritable place dans le sport marocain. Elle a enfin félicité Dr Belfakir pour les efforts qu’il ne cesse de déployer pour donner à son Ecole le «label qualité » qu’elle mérite et ce, tant au niveau national qu’international.
Ensuite, la parole a été donnée au Pr. Louardi qui a également félicité Dr Belfakir pour l’organisation de ce séminaire et a formulé le désir de voir naître très prochainement, une spécialité en médecine du sport. Cette option ouvre ainsi de nouvelles opportunités à nos kinésithérapeutes moyennant une formation pour l’obtention d’un certificat de kinésithérapie sportive.
Mr. Rousseau a enfin pris la parole et a mis l’accent sur le partenariat entre HEPHO et HEK en insistant sur le progrès effectué au sein de la Haute Ecole de Kinésithérapie qui a, a-t-il affirmé, atteint les normes de qualités requises en Europe et ce, à la suite de l’audit effectué par leurs soins.
Les interventions des Prs. Fadili et El Fatimi furent très appréciées de par la clarté et les éléments récents de leur contenu. L’intervention du Pr Garch a revêtu un caractère sensibilisateur en stigmatisant les responsables sur l’absence d’intérêt de ces derniers quant à la médecine sportive quasi-inexistante dans notre pays où le sport est d’une popularité incontestable et ce, en raison, d’une part de l’absence d’une véritable volonté politique et d’autre part des efforts, certes réels, mais qui demeurent disparates en l’absence d’une concertation entre les différentes instances concernées.
La notion du « complexe articulaire » a été à plusieurs reprises mise en avant pour qualifier l’articulation de l’épaule du fait de la grande interaction et des liens très étroits entre les différents éléments de la coiffe des rotateurs, de même que les problèmes inhérents à cette région du corps humain notamment chez le sportif de haut niveau. Ainsi, chirurgiens et kinésithérapeutes qui ont intervenu à tour de rôle, n’ont pas tari d’informations pertinentes en terme de techniques de pointe qui ont suscité l’intérêt de l’assistance.
Le contenu des différentes interventions peut être résumé comme suit : Le Pr. Fadili a insisté sur l’importance de la connaissance détaillée de l’anatomie de l’épaule, en particulier la coiffe des rotateurs dont la pathologie est l’apanage du sujet âgé et du sportif en fin de carrière. Aussi l’intérêt de la prévention par une meilleure sensibilisation et une bonne formation du sportif demeure capital. En cas de pathologie, un diagnostic précoce et précis s’impose avant la rupture totale. L’indication de la chirurgie n’est pas systématique, de même que le blessé doit être soumis à un protocole de rééducation sans lequel une dégradation de l’articulation est inévitable.
La chirurgie réparatrice, en cas en cas d’indication formelle ou d’échec de la rééducation, reste de mise et le kinésithérapeute doit reprendre le blessé en post opératoire comme l’a signalé Mr. Fkira.
Le Pr. Largab a mis l’accent sur l’intérêt de l’arthroscopie, à visée diagnostique et thérapeutique, qui est en passe de supplanter l’intervention à ciel ouvert car moins effractive comme l’a évoqué par la suite Dr. Bierlaire qui a également insisté sur la complexité de l’articulation de l’épaule et sa sollicitation accrue, notamment chez le sportif. De son côté, le Pr. Arssi a mis l’accent sur la nécessité d’une bonne connaissance de la physiopathologie et un diagnostic précis et précoce qui constitue la clef pour une bonne prise en charge des instabilités chroniques de l’articulation de l’épaule. De même que le traitement doit être précédé et suivi d’un bilan complet et d’un protocole de kinésithérapie comme il a été évoqué par Mr. El Fatimi. L’objectif étant de permettre au sportif de recouvrer au plus vite la mobilité et la stabilité de son épaule.
Mr. Cuvelier quant à lui, a insisté sur l’importance de l’apport du Kinésithérapeute en termes de réathlétisation et d’amélioration de l’endurance chez le sportif.
Mr Olivier Rousseau a mis l’accent sur l’intérêt de la proprioceptivité dans le renforcement musculaire de même que l’importance de l’isocinétique qui a surtout l’avantage d’évaluer la force musculaire et de déterminer, par là même, bon nombre de paramètres qui permettent de poser le protocole de rééducation le plus optimal.
Cette journée scientifique a eu le mérite de mettre l’accent sur la nécessité d’instaurer une formation spécialisante en kinésithérapie dédiée au sport. La Haute Ecole de Kinésithérapie et la Haute Ecole Provinciale du Hainaut Occidental ont en effet décidé de former conjointement ces futurs professionnels auxquels ils délivreront une double certification belgo-marocaine.
Enfin, Dr. Belfakir a clôturé le séminaire par un mot de remerciement aux intervenants, à l’assistance et à tous ceux qui ont participé de près ou de loin à l’organisation de cette grande manifestation.
Tous ces thèmes ont été développés avec un souci du détail qui a suscité l’attention de l’assistance. Le séminaire s’est déroulé dans de très bonnes conditions et ce, malgré les attentats perpétrés au centre ville de Casablanca. En effet les organisateurs ont mis un point d’honneur à poursuivre le programme de la manifestation pour ne pas tomber dans la psychose collective, engendrée généralement par ce genre d’actes.
Ceci dénote une réussite totale du séminaire qui ne fait que confirmer la renommée de HEK et de son président directeur, et qui ouvre de nouveaux horizons. Dr MASMOUDI Directeur Pédagogique |